Marche contre la pauvreté : les institutions doivent « entendre les sans-voix »

la marche contre la pauvrété s'est déroulée ce vendredi 28 juin -

« Faire en sorte que les institutions entendent la voix des sans-voix », tel était le but de la marche contre la pauvreté, organisée ce vendredi 28 juin à Paris. Les manifestants ont défilé pour porter leurs propositions aux élus.

 Logement, chômage, accès aux soins… C’est pour dénoncer toutes ces problématiques mais aussi pour témoigner, qu’une centaine de personnes se sont mobilisées, à l’initiative de l’association des cités du Secours Catholique et de la coordination régionale d’Ile de France. Dans la matinée, une délégation a pu rencontrer le directeur de cabinet du préfet de police, pour un échange sur les difficultés et les lenteurs administratives. « Les préfectures doivent harmoniser leurs pratiques et leurs procédures de traitement des demandes, dans le souci d’égalité de traitement » affirme l’un des membres de la délégation, en précisant à propos de la lenteur administrative dans les préfectures, « [qu’] au moment du renouvellement il faut arrêter d’interrompre la détention d’un titre de séjour par la délivrance de récépissés par exemple, car un récépissé ne permet pas de voyager ou de trouver un travail. » L’échange a été positif, « nous avons été bien reçus et on nous a écoutés. Nous avons bon espoir, car certains changements sont déjà en cours, particulièrement en ce qui concerne les accueils en préfecture. Par exemple, le pôle d’accueil de Belleville a déjà été rénové, et dispose désormais d’une véritable salle d’attente » précise un autre membre de la délégation.

Des propositions concrètes

Les ministères du travail, du logement ainsi que l’Assemblée Nationale ont également été sollicités. Une série de propositions a été remise aux représentants, parmi lesquelles le droit pour une personne, lorsqu’elle est en possession d’une promesse d’embauche, d’obtenir un titre de séjour avec une autorisation de travailler. En matière de logement, la nécessité est de fixer un seuil pour les loyers, de construire des logements sociaux avec le souci de la mixité sociale, mais également de prendre en compte l’allocation logement dans le calcul des ressources pour l’accès au logement.

Des propositions concrètes pour de nombreuses personnes en situation de grande précarité, qui espèrent enfin se faire entendre. C’est le cas de Mady Sylla, arrivé du Sénégal il y a dix ans. « Je vis dans un hôtel, dans une seule pièce avec mes quatre enfants depuis dix ans. Je travaille en CDI depuis huit ans » raconte-t-il, « aujourd’hui, je suis en colère. Ma première demande de logement date de 2005 et les choses n’ont toujours pas changé. Je ne veux pas cracher dans la soupe, car en situation de détresse, le SAMU social a fait son travail, mais maintenant je ne sais plus quoi faire, je ne sais pas ce qu’on attend de moi.»

Outre l’échange avec les représentants, la marche contre la pauvreté est aussi le moyen pour ces personnes en difficulté de « prendre la parole et de s’exprimer d’une manière qui soit audible par la société » estime Christelle Lossois, membre du Secours Catholique, « car en période de fragilité, ces personnes n’ont pas seulement besoin d’être nourries et logées, elles ont un cerveau. Il faut leur faire confiance pour qu’elles prennent la parole. »

Catherine Hardouin. journaliste, public sénat.

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